Idées de pédagogie dans les mondes virtuels

1) Utilisation  de « l’immersivité » pour la résolution de problèmes géométriques

Les élèves ont parfois du mal à épurer un problème géométrique pour en retirer une figure simple faisant partie de leur connaissance car cela leur parait trop abstrait. Les mondes virtuels permettent un retour à la réalité car l’avatar et par voie de conséquence l’élève vit dans le monde des objets qu’il construit.

Je prend un exemple d’un exercice de quatrième que l’on a étudié sur Opensim tiré de Sésamath :

Théo veut franchir, avec une échelle, un mur de 3,50 m de haut devant lequel se trouve un fossé rempli d’eau, d’une largeur de 1,15 m.

  1. Fais un schéma de la situation.
  2. Il doit poser l’échelle sur le sommet du mur. Quelle doit être la longueur minimum de cette échelle ? Arrondis au cm.

La difficulté de l’exercice vient de la question 1 qui demande un gros effort d’abstraction. Dans Opensim, tout comme  des « maçons » on construit un mur, le fossé et l’échelle ( temps de réalisation 5 min, 3 pavés droits texturés) puis observe en fesant le tour, la situation sous différents angles de vue. Les élèves reconnaissent rapidement une situation d’application du théorème de Pythagore . Cela est impossible à faire dans un monde réel ou demande beaucoup trop de temps.
murpeda

2) Travail en Groupe différencié

Le gros avantage d’Opensim est de voir tous les élèves sur le même écran par le biais de leur avatar. On peut faire ainsi des constructions géométriques à plusieurs.
Par exemple pour le travail de construction d’une porte, une personne peut faire le pavé droit, l’autre le demi-cylindre au dessus et le troisième la poignée constituée de deux cylindres qui se coupent en angle droit.Le temps de réalisation est ainsi grandement augmenté.
Cela renforce aussi la cohésion du groupe car chacun a besoin de l’autre pour terminer son travail.
porte
3) Travail avec tâches transversales différenciées

C’est une idée qui a bien fonctionnée l’année dernière dans le cadre de mon projet qui a pour but de reconstruire en 3d les fonds sous marins de l’île de Planier.

Objectif reproduire la faune et la flore sous-marine. Le travail est décomposé en trois groupes, il est réalisé sous forme d’ateliers tournant en salle informatique sur un serveur OpenSim local :

  • Le premier groupe fait un travail de documentation sur internet descriptif biologique des espèces présentes en Méditerranée, récupération d’images
  • Le second groupe sur un logiciel de dessins récupère les images améliore leur netteté et les détoure avec fond transparent
  • Le troisième groupe a une tâche plus mathématiques rassemble le travail des deux autres, plaque l’image sur un pavé droit très fin et le fait tourner à l’aide d’un script autour d’un sphère invisible. De plus, avec un copier-coller il rajoute la notice bio de l’espèce dans l’objet.

Au final, de nombreuses compétences sont étudiés et le rendu est intéressant :  une personne qui se promène dans les fond sous marins en cliquant aura un descriptif de l’espèce. On peut aussi réaliser des parcours à la recherche des espèces endémiques ou protégées.

poissons_planier

4) Le travail par « messagerie privée »

Un des gros inconvénients quand on travaillle en groupe à distance est qu’il est difficile de rencontrer tout le monde au même moment. Dans ce cas, il faut souvent pour le formateur rappeller de nombreuses fois la même chose et du coup perdre beaucoup de temps .
Cette année pour éviter ce problème j’ai décidé de travailler différament et d’expliquer à chaque session de travail prévue des constructions différentes. Chaque élève devient alors un peu expert dans son domaine.
Quand une personne rencontre des difficultés car il a raté une construction, je lui dit : « demande à celle-ci par « im » ( messagerie privée ), elle t’expliquera ». Cela ressemble beaucoup au travail que l’on appelle « figure téléphonée » et que je trouve qu’il est difficile de mettre en place en cours classique et qui prend ici tout son sens premier.

Quelques gros avantages, cela renforce l’ego de chacun qui se sent important car compétent dans son propre domaine. Cela demande aussi de gros efforts de communication et de rédaction et évidemment augmente par conséquent  la cohésion du groupe. J’ai vu des élèves cette semaine se donner rendez-vous entre eux sans session prévue pour s’apprendre mutuellement des constructions.

Cet article a été publié dans 05-Atelier Sciences, 07-Pour aller plus loin avec les mots-clefs . Bookmarker le permalien. Les trackbacks sont fermés, mais vous pouvez laisser un commentaire.

2 Commentaires

  1. Publié le 8 février 2012 à 5 h 58 min | Permalien

    J’ai dévoré cet article. Il me conforte dans l’idée d’utiliser OpenSim dans ma classe.

    Le travail par « messagerie privée » :
    À l’échelle de la maternelle j’ai également remarqué que les élèves s’entraident très souvent. S’ils n’arrivent pas à utiliser une technique et si je ne suis pas disponible, les enfants « compétents » viennent rapidement au secours de ceux qui sont en difficulté. Ils ne peuvent pas encore écrire et donc utiliser la messagerie privée, mais ils se parlent et expliquent comment faire, c’est important.

  2. Publié le 5 juillet 2012 à 6 h 07 min | Permalien

    Texte sur le web 2.0 très intéressant.
    Je ne connaissais pas Open Sim et me demande si ces techniques sont utilisables dans des pages en flash…
    Les animations proposées sur mon site t’intéresseront peut-être.
    Cordialement,
    Roland Dassonval

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